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QUAND LE CINÉMA PARLE DE COACHING

  • pixelpasta
  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Le cinéma et le coaching : images et illusions

Le cinéma a cette capacité singulière de capter l’air du temps. Lorsqu’il s’empare du coaching, comme dans le film récent Gourou, il offre un regard artistique sur le charisme, l’influence et la responsabilité dans notre société. Il peut déformer ou dramatiser certaines postures, mais son rôle n’est pas de former ni de réguler une profession : il témoigne, questionne, parfois provoque.

Le succès de ces récits révèle surtout une réalité humaine : la tentation de s’en remettre à ceux qui semblent tout savoir, aux gourous ou aux solutions toutes faites. Dès que l’on cherche des réponses toutes faites, on ouvre la porte à ceux qui prétendent les détenir. Cette simplification rassure, mais court-circuite le travail de lucidité et de réflexion nécessaire à un véritable changement.

Une société en quête de sens

Notre société traverse une crise du sens marquée par l’accélération des transformations, l’instabilité des organisations et la pression constante sur les individus.

Stress chronique, perte de repères professionnels et quête de reconnaissance deviennent des expériences largement partagées. Cette situation génère une pression quasi tyrannique de la performance, parfois culpabilisante, que l’on subit ou s’impose soi-même. Être toujours « plus » appelle à s’interroger : plus pour quoi ? plus de quoi ? Ironie de la performance : parfois, c’est en étant moins, en prenant du recul et en ralentissant, que l’on accomplit le plus.

Le coaching professionnel, à contre-courant de l’immédiateté

Le coaching professionnel s’inscrit précisément à l’opposé de cette promesse de solutions instantanées. Il accepte la complexité, le temps de la réflexion, et l’inconfort parfois indispensable au changement durable. Il ne promet pas le bonheur ni la performance magique, mais propose un espace de responsabilité, de discernement et d’autonomie. Il ne s’agit pas seulement d’atteindre des objectifs, mais de questionner le sens de l’action, la posture adoptée et l’alignement entre valeurs et comportements.

Clarifier les rôles : coach, gourou, coach de vie

Là où le cinéma brouille parfois les frontières, il devient essentiel, pour les professionnels, de rappeler ce qui distingue le coaching professionnel. Les coachs sont souvent les premiers à dénoncer les dérives : promesses excessives, postures normatives, confusion entre accompagnement et influence. Dans un environnement professionnel, accompagner, c’est créer un espace de réflexion sécurisé, pas imposer une vision ni fournir des réponses clés en main.

Formation des coachs : une responsabilité partagée

S’il est vrai que les coachs professionnels sont parfois pointés du doigt pour un manque de compétences ou de formation solide, notamment face à des pratiques qui manquent de rigueur ou de profondeur, cette critique ne doit pas occulter que les centres de formation ont une responsabilité majeure : durée des cursus, profondeur des contenus, socles de connaissances. 

Un enseignement trop léger ou trop superficiel laisse de fait des personnes insuffisamment préparées exercer à leurs débuts, ce qui alimente les critiques et les confusions dans l’esprit du public et des entreprises. Vouloir aider son prochain est une bonne intention de départ, mais sans cadre solide, cette bonne intention peut faire plus de mal que de bien.

Aujourd’hui, le métier de coach professionnel est reconnu par la France via l’inscription d’un titre professionnel au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles), généralement au niveau 6 (équivalent Bac+3/4), pour certaines formations certifiantes reconnues par France Compétences. Cela signifie que l’État a validé un référentiel de compétences, définissant ce qu’un coach doit être capable de réaliser pour exercer son métier en tant que coach professionnel. 

À noter : une compétence n’est ni une matière ni un savoir théorique. Par exemple, « mener un entretien de coaching » constitue une compétence — ce que le coach doit savoir faire concrètement dans sa pratique. Pour l’acquérir, le centre de formation mobilise des cadres de référence, des méthodes, des outils et des mises en situation qui forment la matière intellectuelle et pratique de l’apprentissage.

La question devient alors déterminante : quels choix pédagogiques sont réellement faits ? Le centre s’appuiera-t-il sur la PNL, l’analyse transactionnelle, la communication non violente, l’écoute active ou d’autres approches structurantes ? C’est précisément à ce niveau que se creusent les écarts de profondeur — et parfois de qualité — entre les formations. Or, sur ces contenus, ces orientations pédagogiques et cette densité d’apprentissage, le RNCP n’intervient pas.

Cela pose une question importante pour la profession : quand déciderons-nous de nous mobiliser pour définir un socle de connaissances réellement commun, incluant à minima des normes claires sur les sujets enseignés et la durée minimale des cursus — un peu comme cela existe pour des métiers techniques ou réglementés (électricien, comptable, etc.). Une telle démarche contribuerait à unifier les pratiques, renforcer la crédibilité du coaching professionnel et mieux protéger les clients et les organisations qui investissent dans ces accompagnements.

Supervision et travail sur soi : les angles morts du système

Un autre point essentiel reste largement sous-régulé. Il est difficile, pour un centre de formation, d’exiger qu’un futur coach engage un travail thérapeutique ou psychologique préalable, afin d’éviter toute projection de problématiques personnelles sur ses clients. Le travail sur soi est un élément de maturité, pas une obligation légale. 

De la même manière, la supervision post-formation repose encore largement sur le volontariat. Or, ces espaces sont fondamentaux. Ils protègent à la fois le coach, ses clients et la relation d’accompagnement. Le coaching peut être exigeant, parfois lourd à porter, et nécessite des lieux de régulation et de recul.

Vers une profession plus mature

On pourrait d’ailleurs imaginer une mobilisation collective des fédérations professionnelles sur ce sujet. Faire de la supervision régulière une condition explicite du renouvellement des reconnaissances ou accréditations qu’elles délivrent constituerait un signal fort pour la profession. Non pas comme une contrainte supplémentaire, mais comme un marqueur de maturité et de responsabilité collective. Une telle démarche contribuerait à clarifier les attentes, à sécuriser les pratiques et à rappeler que le coaching professionnel ne repose pas uniquement sur des compétences techniques, mais aussi sur une capacité à interroger sa posture, ses limites et ses angles morts dans la durée.

Ce que le cinéma nous invite finalement à questionner

En mettant en scène le coaching, le cinéma révèle moins ce que le coaching est que ce que nous projetons sur lui. À nous, professionnels, d’apporter de la nuance, de la clarté et de la responsabilité. Non pour corriger les films, mais pour rappeler que le coaching professionnel ne repose ni sur le charisme, ni sur la promesse, mais sur une posture éthique, exigeante et profondément humaine.

Alors Amis coach(e)s, allons au cinéma… pour mieux clarifier notre métier !


 
 
 

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